Réaliser une coupe droite à la carrelette

Sommaire de la vidéo

00:00 Introduction
01:15 Présentation d’une carrelette
02:37 Réaliser une coupe droite
04:05 Les séparateurs mobiles

Sujets

Pour réaliser ce projet

Aujourd’hui je reviens sur un grand basique du carrelage : la réalisation d’une coupe droite à la carrelette.

La carrelette, ou coupe carreaux manuel dans sa désignation officielle, est l’outil indispensable du carreleur. Si vous regardez mes vidéos, vous savez que je l’utilise sur quasiment tous mes chantiers. Ce n’est pas le seul outil qui existe évidemment : vous pourriez tout aussi bien utiliser un coupe carreaux électrique ou une disqueuse. Chaque outil présente ses avantages et ses inconvénients.

Quels sont les avantage d’une carrelette ?

Selon moi, la carrelette dispose de 2 avantage majeurs :

Travailler proprement !

L’essentiel de mes chantiers est réalisé dans le cadre de rénovation d’intérieur. Autrement dit, je travaille dans une, voire deux pièces à la fois, alors que le reste de l’habitation est occupé. Ma priorité vis-à-vis de mes clients est de m’assurer que je ne transformerai pas leur maison en décharge.

La carrelette a l’énorme avantage de ne pas générer de poussières. Vous en créerai forcément un peu lorsque vous casserez vos carreaux, mais cela n’aura rien à voir avec la poussière générée par une disqueuse. Par conséquent, c’est un outil que vous allez pouvoir garder près de vous pendant le chantier. C’est un gain de temps non négligeable.

Au contraire, une disqueuse ou un coupe carreaux électrique vous obligeront soit à travailler en extérieur pour ne pas envahir de poussière la maison, soit dans une pièce protégée. Les coupes carreaux électriques fonctionnent généralement avec injection d’eau pour éviter les projections de poussières, oui, mais n’évite pas les projection d’eau.

Couper proprement !

L’autre grand avantage de la carrelette, c’est la propreté de ses coupes… lorsqu’elles ont bien réalisées. Qu’elles soient droites ou en diagonale, et à condition de l’utiliser comme il faut, vous obtiendrez toujours une coupe bien droite et bien nette. Cela ne veut pas dire que cela ne soit pas réalisable avec une disqueuse, mais cela vous prendra un temps considérable et vous demandera davantage de concentration.

Présentation d’une carrelette

Sans plus attendre, voici les éléments principaux qui constituent une carrelette :

  1. Un plateau, généralement assez large. Il servira à la fois de base stable pour l’ensemble de la carrelette et support pour le carreau à découper ;
  2. 2 bras sur lesquels va venir coulisser le manche de la carrelette ;
  3. Un guide gradué contre lequel nous allons faire buter notre carreau lorsque nous allons le présenter pour la coupe ;
  4. Des emplacements destinés à accueillir les vis qui fixeront les éventuels guides latéraux (parfois appelés piges). Ces derniers sont très utiles puisqu’ils nous permettent de calibrer notre carrelette lorsque l’on a des coupes répétitives à réaliser ;
  5. Une molette ! C’est certainement l’élément le plus important puisque, sans elle, vous ne ferait rien. C’est elle qui va nous permettre de rayer le carrelage avant de le séparer.

Installation d’une carrelette

Première chose importante pour commencer à travailler avec notre carrelette, on va prendre soin d’installer la molette de découpe. Elle s’insère au centre de la glissière. Prenez soin de l’orienter comme il faut, bien dans l’axe. Vous devrez également régler sa hauteur ; celle-ci dépendra notamment de l’épaisseur de votre carreau. Elle doit être positionnée suffisamment basse pour avoir un bon contact avec le carreau, sans pour autant que cela soit trop important non plus (oui, un savant dosage). Lors que vous avez trouvé la bonne hauteur, serrer là dans sa position en vissant la poignée du manche.

Si vous êtes amenés à réaliser des coupes répétitives, vous pourrez également mettre en place votre guide latéral qui vous servira de butée. Assurez-vous de bien serrer la fixation et vérifiez que vous obtenez un bon équerrage. Le bon équerrage, c’est avoir un angle parfaitement droit entre le guide supérieur et le guide latéral.

C’est à peu près tout. Oui, c’est assez simple mais efficace. C’est bien de cela dont nous avons besoin pour travailler sur chantier.

Réalisation d’une coupe droite

La méthodologie à suivre pour réaliser une coupe droite à la carrelette est toujours la même :

  1. Tracez un repère de coupe à la bonne distance sur le bord de votre carreau ;
  2. Positionnez votre carreau sur le plateau de la carrelette en le plaquant fermement contre la butée supérieure ;
  3. En le maintenant contre la butée, positionnez le repère de coupe dans l’axe de la carrelette. Normalement, le guide supérieur dispose d’une double graduation et d’un repère central qui vous aidera. Ne bougez plus le carreau !
  4. Descendez désormais le manche et positionnez la molette à la base du carreau. La rayure du carreau doit toujours être réalisée du bas vers le haut.
  5. Maintenant, rayez le carreau à l’aide de la molette en exerçant une pression sur le manche (modérée pour ne pas abîmer le carreau mais suffisante pour le rayer correctement) et dans un mouvement régulier : jusqu’à l’extrémité supérieure. Ça fait beaucoup d’instruction pour une seule phrase… ATTENTION : vous ne devez rayer le carreau qu’une seule fois !

En ce qui concerne la séparation du carreau, vous aurez deux possibilités directement liées au matériel que vous utilisez.

La séparation mono-point

Si vous utilisez une carrelette à poinçon, vous remarquerez que vous disposez d’un second manche posté à la tête de l’appareil. Ce dernier est dédié à la séparation du carreau une fois qu’il a été rayé. Lorsque vous l’actionnerez, un « séparateur » viendra appliquer une pression par le dessus du carreau et de chaque côté de la rayure réalisée. Dans le même temps, un poinçon viendra appliquer une pression similaire par en-dessous, précisément au niveau de la rayure.

La pression combinée de ces deux systèmes permettra alors de séparer proprement les deux parties du carreau. Pour cela je vous conseille d’appliquer une pression franche, sèche et brève. On ne dirait pas comme ça, mais la pression appliquée par le premier modèle en présentation dans cette vidéo, une TS-66 max de RUBI, atteint les 800Kgs.

La séparation multipoint

Comme je le fais dans la seconde partie de la vidéo, vous utiliserez peut-être une carrelette à séparation multipoint. Ici je vous montre une TR-600 MAGNET de RUBI. Si ses caractéristiques de bases sont les mêmes que pour la carrelette précédente, elle se distingue par son système de séparation :

  • Le plateau principal de la carrelette est surmonté d’une double base (généralement en aluminium). Cette dernière est montée sur ressors et a donc un effet amortissant ;
  • Sur le plateau, toujours, un guide central en acier est visible entre les deux bases montées sur ressors ;
  • Enfin, la manette supérieure de séparation n’est plus là. A la place, on retrouve un séparateur amovible derrière notre molette à rayer.

Désormais, lorsque vous avez rayé intégralement votre carreau, vous pouvez déplacer votre manche et appliquer votre séparateur contre votre carreau. Toujours : un coup sec et bref ! La différence ? Le séparateur va appliquer une pression de part et d’autre de votre rayure. Le carreau se retrouve alors en compression contre le guide central en acier. La double base montée sur ressors, elle, laisse au séparateur le jeu nécessaire pour appliquer suffisamment de déformation sur le carreau pour le faire céder !

Pas de grande révolution me direz-vous certainement : on coupe toujours un carreau avec un coup de pression ! Oui, mais on gagne terriblement en efficacité sur nos chantiers :

  • On ne dispose plus que d’un seul manche pour faire les opérations de rayure et de séparation ;
  • On peut réaliser une découpe d’une seule main ;
  • Le séparateur étant amovible, il est possible de réaliser une découpe identique sur plusieurs carreaux à la fois !

Voilà, je pense que nous sommes arrivés au bout. Beaucoup d’information pour une chose qui a l’air si simple. Pourtant méfiez-vous des apparences. Je vous encourage vivement à vous entraîner au préalable pour prendre le coup de main. Cela vaut spécialement sur la rayure et le coup sec et bref de séparation. Une fois cet entraînement passé, vous serez fins prêts !

Je suis toujours là pour répondre à vos éventuelles questions. Alors n’hésitez pas à partager, commenter… et pourquoi pas essayer !

Les matériaux

  • Du bon vieux carrelage

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