Piquage et ragréage

Sommaire de la vidéo

00:00 | Jingle original
00:36 | Présentation du chantier
01:06 | Piquage du sol
06:34 | Réalisation du ragréage

Sujets

Pour réaliser ce projet

Dans cette vidéo, nous allons voir ensemble comment réaliser un ragréage lorsque nous avons d’importantes différences de niveau. C’est un cas qui peut se présenter bien souvent, notamment lorsque l’on fait de la rénovation. Je vais donc vous emmener avec moi sur un des chantiers les plus compliqués que j’ai eu à réaliser en 2019. Nous allons regarder comment procéder, étape par étape.

La rénovation offre toujours son lot de cadeaux. Vous ne serez pas au bout de vos surprises à chaque dépose de mur ou de sol : l’envers du décor peut vous donner du travail supplémentaire. C’est exactement ce qui s’est produit lors de ce chantier de 2019.

La grande tendance aujourd’hui est de créer des espaces ouverts, emplis de lumière, dans lesquels on respire. Les anciennes constructions proposaient souvent une distribution de petites pièces pour cloisonner chaque partie de la maison. Aujourd’hui pourtant, nous favorisons plutôt l’espace, les cuisines ouvertes sur salon et on préférera, autant que possible, faire disparaître les couloirs (surface perdue) pour les intégrer à l’espace de vie.

Les différences de niveaux au sol

Bref ! Pour en arriver là, il faut reprendre l’existant et décloisonner. Seulement voilà, la maison a vécu et a subi des transformations successives. C’est vrai aussi bien au niveau des murs que des sols. Dans le cas présent, je suis confronté à 2 problèmes :

  • les cloisons retirées ont laissé la place à de profonds décaissements dans le sol,
  • Chacune des 3 pièces disposait de son propre revêtement (parfois plusieurs épaisseurs) :
    • Carrelage pose collée sur ancienne mosaïque en pose scellée,
    • Parquet,
    • Comble en pose scellée.

Je dispose donc de 3 pièces réunies en une seule avec 3 niveaux de sol différents et et des décaissements au milieu. Le ragréage va être long car, pour bien faire, il va falloir travailler en plusieurs fois.

Piquer le sol pour réduire les épaisseurs

La première étape va consister à réduire l’épaisseur du sol le plus élevé qui, rappelons-le, est une succession de 2 couches de revêtements :

  • une mosaïque en pose scellée,
  • un carrelage en pose collée.

Je vais donc commencer par retirer la première couche résiduelle de colle du dernier carrelage puis je m’attaquerai à la mosaïque. Le but et de réduire autant que possible l’épaisseur de la surface pour s’approcher au maximum du niveau des 2 autres pièces.

Pour cela, nous allons piquer le sol à l’aide d’un perforateur et d’un burin SDS à tête plate. Positionnez la tête du burin à un angle de 45° ou inférieur et… piquez ! Ne nous mentons pas, c’est un travail assez fastidieux mais la récompense sera une application plus simple de votre ragréage. Enfin, moins longue surtout. Comprenez que, plus vous réduirez les écarts de hauteur entre les différentes zones, moins vous passerez de temps à réaliser votre ragréage. Car oui, on ne peut pas réaliser un ragréage trop épais. Plus les écarts de hauteur sont importants, plus nous devrons appliquer de couches successives pour arriver à notre résultat : un sol plan et de niveau sur l’ensemble de la zone.

Les points d’attention lors du piquage

  1. N’appliquez pas votre burin avec un angle trop prononcé au risque de creuser dans la chape et de créer des trous qu’ils faudra combler.
  2. Autant que faire se peut, repérez les éventuels passages de canalisation  au sol pour ne pas risquer de les endommager.
  3. A proximité des tuyauteries, préférez l’utilisation d’un ciseau plat et d’un marteau. En effet, les vibrations du perforateur risqueraient d’abîmer les canalisations, ce que l’on ne souhaite évidemment pas !
  4. Enfin, et surtout si votre logement se trouve dans une copropriété, renseignez-vous sur les plages horaires pendant lesquelles les travaux sont permis. Le piquage, c’est une activité assez bruyante. Vous ne souhaiteriez pas emménager dans votre nouveau « chez vous » avec un voisinage mécontent.

Préparation du sol avant le ragréage

1. Dépoussiérer le support

Une fois que le piquage est terminée, et après avoir évacué l’ensemble des gravas, armez-vous d’un bon aspirateur de chantier et débarrassez-vous de la poussière. La poussière est notre plus grand ennemi. Si vous ne vous appliquez pas suffisamment à cette tâche, vous risquez de mettre en péril tout votre travail. Les résidus de poussière empêcheront aussi bien à votre primaire d’accrochage de s’appliquer correctement et, par la suite, à votre colle d’accrocher correctement le support. Le risque : avoir des carreaux qui se décolle en peu de temps, ce que nous ne voulons pas !

2. Appliquer un primaire d’accrochage

Une fois que votre support est correctement dépoussiéré, vous pouvez attaquer l’application de votre primaire d’accrochage sur l’ensemble de la surface. Personnellement, je préfère l’utilisation d’un primaire tout supports qui est un peu plus liquide. Toutefois, si votre dalle est un peu friable, n’hésitez pas à utiliser un primaire pour sol poreux.

Si vous êtes un habitué de KARO TUTO, vous savez déjà comment procéder : munissez-vous de votre primaire et d’un rouleau, et c’est parti !

3. Délimiter la zone de travail

Au niveau des périphéries, et suite à la dépose de l’ancien sol, certaines cloisons en placo ne touchent pas le sol. Etant donné que je vais devoir appliquer une bonne quantité de ragréage, et pour éviter que ce dernier ne coule derrière la cloison, je positionnerai un scotch de chantier afin de délimiter ma zone.

Autre solution, vous pourrez combler ces espaces en ratissant à la colle. A chacun sa petite astuce, l’important étant de ne pas couler des litres de ragréage derrière le mur pour ne pas créer une surprise supplémentaire.

4. Repérer et marquer les différences de niveau

Maintenant vous pouvez vous armer d’une règle de maçon, de 2 mètres minimum, et positionnez-là dans toute la pièce, sur les diagonales, afin de repérer les zones qui devront faire l’objet de plus d’attention. Vous remarquerez rapidement les creux se former sous la règle. N’hésitez pas à vous munir d’un crayon et de les marquer, cela vous simplifiera le travail au moment du ragréage.

Réalisation du ragréage

Comme je vous l’ai expliqué, dans un cas comme celui-ci, il est préférable de réaliser votre ragréage en plusieurs fois. D’une part, si vous avez des différences de niveau trop importantes, il ne sera pas possible d’appliquer d’un coup une épaisseur de ragréage trop importante. A ce titre, je vous conseille plus que jamais de bien vous référer aux recommandation du fabricant sur ce point. D’autre part, travailler en épaisseurs successives vous permettra de régler votre hauteur au fur et à mesure. C’est certes un peu plus long mais le résultat n’en sera que de meilleure qualité.

1. Première passe de ragréage sur la zone la plus basse

La première application de ragréage ne concerne que ma zone la plus basse. Elle va me permettre de rattraper une partie du niveau par rapport aux zones les plus hautes. Je laisse sécher, je nettoie mes outils et j’attaque la suite le lendemain.

Pour information, le ragréage que j’utilise est à prise rapide. C’est bien pratique lorsque l’on a besoin de faire des passes successives. Au bout de 3 à 4 heures il est possible de marcher dessus. Néanmoins, il n’est pas possible de poser du carrelage immédiatement. Encore une fois, reportez-vous systématiquement aux recommandations du fabricant. C’est facile : c’est écrit sur le paquet !

2. Deuxième passe de ragréage sur la zone la plus abîmée

Cette fois-ci, je m’attaque à la zone la plus abîmée, celle sur laquelle nous avons piqué. Cette opération va m’aider à obtenir une surface plane (autant qu’il est possible de le faire). Je n’essaye pas néanmoins de rattraper toute les irrégularités, simplement de dégrossir au maximum. Dans le cas contraire, cela m’imposerait d’appliquer une épaisseur trop importante de ragréage et je me retrouverais avec un nouvel écart de hauteur à rattraper par rapport aux zones plus basses de la pièce.

3. Troisième et dernière passe de ragréage

Cette dernière passe va me permettre de finir de rattraper mon écart entre la zone la plus haute traitée la veille et le reste la pièce.

Avant de commencer, je passe une nouvelle couche de primaire d’accrochage sur le ragréage réalisé 2 jours avant et je me lance. Je prends soin au préalable de mesurer l’écart d’épaisseur que je dois récupérer à l’aide de la règle de maçon et du niveau : 5 mm ! Je pars donc du fond de la pièce jusqu’à ma zone la plus élevée avec cette donnée en tête.

Voilà, notre ragréage est à présent terminé. Nous disposons d’une surface plane et de niveau pour poser notre carrelage : du carrelage imitation bois 20×120 cm. Ce sera dans notre prochaine vidéo !

D’ici là : commentez, partagez, n’hésitez pas à poser des questions si nécessaire, mais surtout… prenez soin de vous !

 

Budget matériaux*

160 €

Retrouvez la liste des fournitures utiles pour la réalisation de ce projet à la suite du descriptif

*Il s’agit bien entendu d’une estimation. Cela dépendra aussi bien des marques que vous utilisez et des fournisseurs chez lesquels vous vous approvisionnez.

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